Zéro de conduite et les courts métrages, de Jean Vigo
France, 1930- 1933, 1h39 – avec Louis de Gonzague, Raphaël Diligent, Jean Dasté…
Un film comme un incendie : un brûlot libertaire, d’ailleurs interdit par la censure jusqu’en 1945 pour son caractère « anti-français » ! Le cinéaste ne le verra pas en salle : il meurt de maladie et d’épuisement (après le tournage de son chef-d’oeuvre, L’Atalante, 1934) … à 29 ans.
Zéro de conduite (1930, 49’), inspiré de ses souvenirs d’enfance, conte la révolte menée par un groupe d’élèves d’un collège de province contre une institution qui les brime, réprime sans cesse leur vitalité et leur créativité. Deux scènes inoubliables cristallisent cette révolte : une bataille de polochons endiablée et le réjouissant sabotage de la fête de l’école avec, enfin, la libération.
Ce film sera précédé par deux courts-métrages : A propos de Nice (1930, 0h24) : un « point de vue documenté » sur une ville dont il montre le décor et l’envers. Une promenade engagée et satirique dont le style s’inspire des avant-gardes de son temps. La Natation : Jean Taris (1931, 11’) : un film de commande renié par son auteur ; un portrait gentiment ironique de Jean Taris, multiple champion de France de natation d’alors, doublé d’une étude novatrice sur le geste sportif.