Les Hauts de Hurlevent, d’Andrea Arnold
Grande-Bretagne, 2011,128 min – avec Kaya Scodelario, James Howson, Solomon Glave…
Pour cette dixième adaptation du roman écrit par Emily Brontë en 1847, le regard d’Andrea
Arnold restitue enfin à Heathclifff son identité de métisse descendant d’esclave. Fils adoptif haï par un frère jaloux et violent, sans autre protection à la mort du père que celle de sa sœur Cathy, Heathcliff n’accepte pas son projet de mariage et s’enferme à la fois dans un amour obsessionnel pour elle et dans un projet de vengeance.
L’essence de ce roman noir, presque gothique, histoire d’un amour maladif entre deux êtres qui se consument dans leurs pires travers, est magnifiquement restituée par une caméra très mobile, un montage fiévreux et une image d’une sombre beauté qui a valu à son auteur un prix à Venise. Le spectateur est emporté par un torrent d’émotions, « écrasé » comme les personnages par la rudesse du climat écossais.